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 Valentina.

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indiff

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Date d'inscription : 11/11/2011
Age : 23
Localisation : Dans une bulle de savon parfumée. ♥

Identity
    POUVOIR – :
    ARRIVÉE DANS LA VILLE –: Il y'a un an.

MessageSujet: Valentina.   Ven 11 Nov - 17:13

Valentina Nina ANIELLO

    SURNOM ─ titine, tina, valou ...
    ÂGE ─ 18ans.
    DATE & LIEU DE NAISSANCE ─ 12 Décembre 1993 ; Portofino - Italie.
    ANCIENNETÉ ─ un an.
    FEAT ─ MEGURINE Luka - Vocaloid.
    PARTICULARITÉ PHYSIQUE ─
    On peut appeler cela une particularité qu'avoir les cheveux teints en rose, c'est sûr. Depuis toute petite Valentina les a de cette couleur qu'elle adore. Lorsqu'elle s'habille de sa robe en tulle, habit de mise pour la danse classique, elle trouve que cela rend le tout plus joli. Dans un sens c'est vrai.



Mon petit côté humain

Du point de vue du caractère :

« Valentina est d’un caractère que l’on ne cerne pas vraiment. Lorsqu’elle sent qu’elle est devinée, elle change immédiatement de comportement. » Eh oui, tout juste ! J’ai une sainte horreur, lors d’une conversation, que mon interlocuteur devine mes pensées ou mes ressentis. Cela me donne l’impression d’être fragile, mise à nue… Allez savoir pourquoi ! La plus part du temps, pour protéger mes émotions de la curiosité d’autrui, je prends la pose d’une statue grecque : impassible. Bon, cette posture défensive n’est pas parfaite. Il y a toujours une faille quelque part alors, je vous rassure, je ne suis pas un iceberg impossible à déchiffrer. Aussi je n’aime pas les prises de tête, les jeux de mots cuisants, les nuits trop longues à venir et les guerres enfantines. « Valentina, lorsqu’elle trouve une conversation ennuyeuse où il n'y a plus rien à ajouter, part sans demander son reste. Quelle impolie celle-ci quand elle s’y met ! » C’est inutile voir affligeant, avouez le ! J’adore vivre, vraiment. Chaque jour est un nouveau départ, un nouveau défi et je prends grand plaisir et grande passion à me lever pour le "cueillir" ! C’est pourquoi je ne comprends pas ces hommes et femmes qui s’obstinent à se chamailler. Ils se gâchent leur temps et Dieu sait qu’il est précieux ! Sérieusement… On a passé l’âge.

Bien qu’un tantinet solitaire et égoïste, je souhaite le bonheur des gens. Comme le mien est complet (enfin, cela dépend de quel point de vue temporel on se situe), j’ai le temps de m’occuper de celui des autres. On ne m’a rien demandé, je sais, et souvent je me prends de belles rambardes : « Occupe toi d’tes fesses ! », « Fiche moi la paix, j’ai pas besoin de toi ! »… Mais voilà, je suis aussi tenace qu’une tique alors pas la peine de me résister si je m’entête à vous aider. Bah tiens, voilà un trait de mon caractère ! Mon entêtement. Lorsque j’ai un objectif à atteindre, coûte que coûte, je l’atteindrai. Entêter, chez moi, cela rime aussi avec tête de mule : je n’écoute pas souvent les bons conseils et me fixe sur mon opinion. Cela m’a attiré quelques ennuis par le passé mais il faut croire que même aujourd’hui, la leçon n’est pas retenue. On ne me dictera jamais quoi faire, non.

De part mon immersion dans la danse classique j’ai retiré beaucoup. La patience, la concentration, la persévérance et le sérieux. J’ai toujours été appliquée et concise et ce, pas qu’en danse. Un travail bien fait est un contentement certain. A l’école je ne me rappelle pas avoir eu de notes catastrophiques, par exemple.

Je faisais tout pour réussir et… croyez le ou non, je n’ai pas toujours été correcte pour parvenir à mes fins. Si j’ai retenue une chose essentielle de mon éducation de ballerine, de mon éducation de bourgeoise, c’est la perversion. Dans le milieu de la danse classique, où il est si dur de se faire une renommée comme dans le milieu mondain, tous les moyens sont bons pour évincer ses rivaux. Me concernant, la manipulation m’est aussi facile que la respiration. Je ne suis pas fière de moi lorsque j’opère en vipère mais… Je ne me corrige pas pour autant. Il y a environ 4 ans, lors des répétitions pour le ballet Casse-noisette de Tchaïkovski, je disputais le rôle principal des fées, à savoir la Fée Dragée avec une autre. Pour être sûre d’être choisie, j’avais enduit les marches de la salle d’entraînement d’huile… Elsa, ma concurrente, était seule ce jour là à peaufiner sa souplesse. Lorsqu’elle partit et emprunta les fameuses marches, elle glissa et se fit une entorse. J’avais gagné, salement mais… j’avais gagné. Pensez à vous méfier de moi – de temps en temps.

Note : « Le plus grand malheur pour Valentina, sa plus grande peur, serait de ne plus pouvoir danser. La danse, c’est sa raison d’être. »

Note bis : « Sachez que ma fille est une grande romantique ! Elle rêve encore de lettres d'amour sans fin, de bouquets de roses et de passion endiablée ! Un jour, petite, elle m'a dit : "Maman, si je dois mourir, ce sera pour mon amoureux !" » Maria Aniello.

Du point de vue physique :

Taille :
Je mesure 1m64. Je ne suis pas très grande, il est vrai ; même petite je trouve. Je suppose que beaucoup de filles mesurent la même taille que moi – je me dis ça lorsqu’un complexe me vient … A l’école –primaire- c’était plutôt pratique d’être une naine car je ne risquais jamais de dépasser mon amoureux. Vous le savez non, que les garçons sont toujours minuscules en bas âge ?

Traits du visage :
Fine, d’une teinte couleur beurre plus accentuée sur les joues, telle se définie ma peau. Elle n’est pas immaculée, pas parfaite, oh non. Au premier rayon de soleil, elle rougit pareille à une tomate trop mûre. Je possède un nez légèrement pointu s’arrêtant à peu du commencement de mes lèvres couleur rose-crème. Deux principales expressions caractérisent celles-ci : un sourire de soif de vivre ou un pincement las et passif. Bref.
Mes yeux. J’en suis fière de mes yeux – il faut dire qu’on me les pétri de compliments. Oui ! Ils sont entre un bleu pervenche et azur : plus clairs en été, plus sombres en hiver. Quant à mon visage, il est plutôt rond, une rondeur tiré vers le bas, faisant une pointe (une péninsule) au menton. Mes tempes se détendent jusqu’à mon cou en soit bien maigrelet (à mon goût). Au dessus, brouillant ma nuque, mon front et le haut de mon crâne il y’a mes –indomptables- cheveux roses. Oui, roses. Bien sûr c’est une teinture… que je fais tout de même depuis mes 6ans ; au naturel ils sont bruns.

Silhouette :
De loin je suis sans conteste un fil de fer (50kg) et de près… je passe à clou. Vous l’avez compris, je ne suis pas très charnue, ce qui me déplait fortement. Si seulement je pouvais avoir de jolies formes rondes, douces… Il y’aurait plus à aimer, plus à empoigner ! Mais voilà, ma physionomie est ainsi, impossible de grossir et ce, même après trois pots de Nutella. Soupire.
Il n y a donc rien d’étonnant à savoir que je n’arrive même pas à porter deux ou trois fagots de bois. Il serait si facile de me briser, de me casser un bras ! Mon père me compare, par taquinerie, aux marionnettes des spectacles d’enfants. Vous savez, celles qu’ont manie avec des ficelles, celles aux membres désarticulés. Sympathique le paternel !
Il n’empêche que j’ai de la grâce – faute de ne pas avoir une belle poitrine... Depuis mes 5ans, je fais de la danse classique et je dois dire que j’excelle dans cet art. Je suis une ballerine émérite ! On peut en déduire ma souplesse, ma démarche agile et nulle trace de maladresse.

Expression et habitudes gestuelles :
Je ne suis pas très expressive en dehors de mes périodes de stress – lorsque je prépare un ballet par exemple. Exprimer des sensations ou des émotions c’est me demander de faire un bien gros effort. Feignante je suis et je demeure ! Il est tellement plus simple de rester neutre, sans rien sur le visage pour indiquer votre état d’esprit. Traduire un sentiment, généralement, cela nous vulnérabilise. Je ne cède jamais de ce côté-là. Pour sembler polis dans la rue j’aborde mon sourire numéro trois : le sourire plastique. J’ai 6 différents sourires. Le premier est calme, rêveur. Le deuxième est plutôt taquin, amusé et joviale. Le quatrième est ivre de rire, de gaité, de soif de vivre. Le cinquième est compréhensif, doux. Le sixième est celui que j’utilise le plus rarement : un sourire tendre, chaleureux et remplit d’amour. Je n’ai pas, pour prendre la deuxième partie du thème évoqué, d’habitudes gestuelles marquées… Ah si ! Je mordille le bout de mon pouce en dormant et joue avec une mèche de mes cheveux lorsque je m’ennuie.

Style vestimentaire :
Mes goûts vestimentaires ? Il faut avouer que j’ai une particulière affection pour les jolies parures. Elles nous reflètent après tout ! En tenant compte de cette idée je me vêtis en fonction de mes humeurs. Lorsque je suis reposée et calme, j’aime les chemises en lin crème qui s’ouvrent légèrement sur ma poitrine et les tee-shirts unis mi-longs. En bas, les jeans me conviennent bien évidement mais je préfère les jupes, c’est plus féminin. En restant sur cette base, j’adore porter des robes. Je m’y sens à l’aise et jolie. Avec, s’accordent mes ballerines (je dois avoir près de 200 paires), seules chaussures que je mets ! Pas de baskets, pas de talons ! J’adhère toujours à une apparence classe et légère – avoir une éducation de danseuse classique aide. Même au sujet de mes sous vêtements je fais garde à ce que je mets : culotte en dentelles, petits (hélas) soutient-gorges babydoll. J’avoisinerais mon apparence vestimentaire à celle des cocos bohèmes, des parisiennes romantiques ! Au final, on s’en fiche. Est-ce que cela compte maintenant que je suis à LimeField ?




Ma place à Limefield


Quel est le pouvoir de votre personnage ? ─

Valentina a un pouvoir assez particulier étant directement lié à sa passion : la danse et la musique. Voyez-vous, lorsque notre demoiselle se met à danser, à virevolter, la musique née. Comment mieux vous expliquer ? Imaginez que, dès qu’elle effectue un pas de danse, un geste fluide et entraînant, la musique à laquelle elle pense au moment même, dans son esprit, se matérialise. Elle se matérialise, oui, tout autour d’elle, sortant de nulle part si ce n’est de ses pensées. Tout le monde peut l’entendre. Si, par exemple, Valentina pense à une sonate au piano de Chopin - jouée par Monsieur Machin, pianiste émérite - c’est exactement note pour note que vous pourrez ouïr la dite mélodie. Cela ne marche que lorsque notre poupée danse. Et Dieu sait qu’elle danse souvent alors la voilà devenue une vraie boîte à musique sur pattes ! Aussi, peu importe la danse ; Mambo, tango, classique, Tchatcha, tout est bon ! Pas besoin de chaîne-hifi ahah !

Quel relation entretient-il avec son pouvoir ? ─

Valentina est, bien sûr, très heureuse de son don puisqu'il lui est lié. Comme elle se déplace souvent en dansant, on peut entendre la musique s'écouler autour de ses gestes. C'est très agréable de le côtoyer de ce fait.

De quel groupe est-ce que votre personnage fait partie ? Pourquoi avoir choisir ce groupe ? ─

Notre demoiselle trouve toutes guerres inutiles. De ce fait elle se classe parmi les Indifférents. Ce groupe lui convient on ne peut mieux. Notons tout de même son désir de revoir sa famille et donc le monde réel mais... Faire partie des Opponents et de leurs drôles de plans ne la séduit guère. Elle préfère profiter du temps qui s'écoule et rester dans le plus paisible des calmes. Si un jour elle doit "rentrer", elle rentrera. Laissons le Destin faire.




Comment j'en suis arrivé là


Je suis née le 12 Décembre 1993 sous les lumières de Portofino en Italie. Mes parents sont Maria, célèbre ballerine du ballet de Milan et Gian Alberto grand professeur de danse, mariés par l’amour de la musique classique.
Mon enfance ? Je l’estime heureuse et c'est pourquoi je m'abstiendrais de la narrer. Elle n'est pas grandement digne d'intérêt.

Compter le nombre de mouches s’agglutinant autour d’un morceau de pain sur une table, je vous l’assure, c’est divertissant. Le chahut qu’elles faisaient avec leurs petites ailes avait assez d’ampleur pour assourdir mes oreilles à la énième dispute se tramant près de moi. Parfois je percevais quelques mots et même une phrase entière. Seulement, comme mon esprit ne daignait pas y prêter attention, ces limbes de paroles n’avaient pour moi, aucun sens. Une mouche se détacha du lot, tournant en rond au dessus de ses consœurs avant de venir se poser sur mon bras étendu à la manière d’un pavé de bœuf sur une étale de boucherie. J’observais la créature attentivement, mes pupilles détaillant le moindre de ses gestes jusqu’à… jusqu’à ce qu’elle parte, effrayée par la venue d’une mère furieuse et d’un père contrarié. Affalée, j’osais un regard au dessus de mon épaule, histoire d’apercevoir mes géniteurs qui, enfin, après une heure d’affrontement, s’étaient tus. Ils me toisaient en silence, le faisant peser et s’alourdir à chaque seconde. Apparemment, ils cherchaient à me faire demander la raison de leur querelle. N’ayant pas l’envie de la connaître mais ne voulant pas faire plus de tumulte, je s’enquis…

- Que se passe t-il ?

Froncement de sourcils et mine offusquée – sans doute pour mon je-m’en-foutisme notoire, ma mère se tourna vers mon père impassible, soupira et se pencha bras croisés vers moi.

- N’as-tu donc rien écouté ? !
- C’est que…
- Dios Mia ! Valentina ! Nous parlions de ton rôle de demain, dans la pièce scandinave. Tu es encore malade, je ne te juge pas en état. Tu m’as toi-même dit ce matin que tu avais encore de la fièvre. J’ai donc décidé d’annuler ta représentation.
- Quoi ? Mais tu es folle ! Je veux danser, je me sens mieux et la fièvre est tombée ! Je veux danser !
- Je te l’avais dis Maria qu’elle n’approuverait pas… mais on ne m’écoute jamais dans cette maison !

Mon père venait de parler, levant le regard au ciel et jouant à la perfection son rôle de victime mal écoutée. Moi, je grommelais de colère et fixait ma madone d’un œil mauvais.

- Oh je t’en prie Gian, ne commence pas ! Valentina, si tu fais un malaise durant la représentation, ce serait grave. Je ne veux pas courir le risque.
- Maman, je VEUX danser et je danserai. Papa, dis lui !
- N’incite pas ton père à t’appuyer pour que je passe une fois de plus pour la méchante !
- Mais je ne l’incite pas ! Lui il sait que je suis capable d’assurer pour demain ! Pas vrai ?
- Eh bi…
- Gian, ne lui donne pas raison, tu vois bien qu’elle est encore malade ! En tant que père sérieux et bon mari, tu dois me soutenir bon sang !
- C’est qui là qui l’incite, hein ? Je sais encore si mon corps est en santé ou non puisque c’est le mien !

Visiblement, les disputes, c’est notre domaine dans la famille [c’était là 8e en trois jours]. Mon père devait se sentir seul, le pauvre. Il a toujours été balloté entre nos désaccords à ma mère et moi. Nous le prenions pour notre arbitre ou notre bourreau et manque de bol, il est toujours perdant. Fatigué de nous entendre il se faufila en douce en direction de son bureau et s’y enferma, sourire de soulagement aux lèvres. Ma mère le vit et ne manqua pas de m’abandonner à la minute pour vociférer quelques réprimandes se bousculant sur la vitre de la porte close. Le gredin éclata de rire devant la furie et me fit un clin d’œil. Ma colère s’affaissa alors soudainement et je joignis un sourire à l’espièglerie de mon compère. Demain, c’était sûr, j’allais danser.

J’avais répété une année entière ce rôle et je connaissais chaque pas, chaque mouvement, chaque note de musique par cœur. Je me voyais déjà sur scène au devant de centaines de regards. L’excitation et le traque se mêlaient en moi et me donnaient, comme avant chaque représentation, l’impression de planer. Je remerciais intérieurement mon père d’avoir apaisé les craintes de ma mère. Bientôt il y aurait le levé de rideaux, bientôt j’entendrai le piano et l’appel à danser. J’observais mes collègues ; ils avaient tous le visage figé par le stress. Puis vint la délivrance – la première note venait de fendre l’air.

Les rideaux se levèrent laissant place à une lumière éblouissante qui immergea un décor enneigé. Je fis volte-face au publique, virevoltant, tourbillonnant dans les airs. Je vivais la musique. Mon tutu ivoire disparaissait de gauche à droite, de bas en haut. J’étais ivre, ivre de piano, de violons, de flûtes… Ce soir là, j’allais être l’étoile. Celle que tout le monde voit, celle qui brille le plus, celle qu’on veut toucher. Ce soir là, j’aurais pu être l’étoile mais je ne l’ai pas été. Sans prévenir ma fièvre revint et prise de spasmes et de bouffées de chaleur, je fis un malaise sous les éclats de stupeur de la foule.

A mon réveil j’eu la surprise de voir un visage inconnu penché au dessus du mien. Un jeune homme apparemment. Je voyais sa bouche bouger sans pour autant y déceler un son. J’étais encore étourdie. Il me secoua comme un pommier avant de passer sa main sur mon front. A ses côtés, je distinguais deux autres personnes, inconnues elles aussi.

- Mademoiselle Aniello ! Mademoiselle ! Vous m’entendez ? Mademoiselle !

Ah, enfin, un son.

- Qu… Qui êtes-vous ? Où suis-je ?
- Je suis le technicien en éclairage. Vous êtes dans votre loge Mademoiselle. Vous ne vous souvenez pas de votre malaise sur scène ? Vous êtes restée évanouie près de 15 minutes. Vos parents sont partis chercher des médicaments au sous sol.
- Pardon ? Un mala… Oh mon Dieu ! Non ! Non ! Ma réputation est fichue ! Non ! La représentation est perdue ! Tout est ma faute… Oh non…
- Calmez-vous. Rien n’est perdu voyons. Mais je dois dire que vous avez été drôlement imprudente de danser avec une telle fièvre ! La grippe ne se soigne pas en quelques jours vous savez.

J’aurais pu le tuer. Sa voix, son regard compatissant, son sermon… Ah il m’agaçait. Pour qui se prenait-il ce benêt ? Pour un Saint-bernard peut être ? Un bon coup de pied et hop, dégage de là.
Non sans peine, je me redressais et contemplais plus distinctement mon preux –emmerdant- soignant. Grand, brun, plastique sportive, yeux verts, belle gueule… En clair, le parfait «Ken», le parfait con, le «parfait» que je déteste. En bon Saint-bernard, car pour moi il ne pouvait porter d’autre nom, il m’appuya et me cala contre le mur avant de faire signe aux deux autres pots de fleurs – ils n’avaient pas parlé alors à quoi pouvaient-ils servir d’autre ?- de s’en aller.

- Ne vous donnez pas la peine de rester. Mes parents vont arriver. Merci, au revoir.

Sèche, polie… En mon fort intérieur, j’étais fière de ma réplique et sûre de voir l’énergumène s’en aller.

- Ah non Mademoiselle, je ne prendrais pas le risque de vous laisser seule ! Depuis le temps que je désirais vous rencontrer en plus… Autant en profiter un peu ! petit rire

Vous connaissez l’expression : «la goûte d’eau qui fait déborder le vase ?» En l’occurrence là, ce n’était pas une goûte mais un tsunami. Il me connaissait, je ne le connaissais pas. Il avait tout du sympathique gentleman et je n’avais rien de la demoiselle admirative. Un mot de plus de sa bouche et je l’étranglais. Il fallait tout de même rester calme. Grande inspiration…

- Ah ? Ah.

Avouons qu’il y a mieux comme réplique courtoise mais…bon.

- Oui, je vous ai vu à toutes vos représentations. Vous avez une telle grâce lorsque vous dansez ! A 16 ans c’est rare de voir une aussi bonne ballerine.

«Une corde, vite, que je le pende !» pensais-je presque à tue-tête. La venue de mes parents me parue longue…ô combien longue.

- Oh eh bien, merci.

Le reste de notre conversation fut tout aussi…affriolante. Répliques courtes de ma part et pavés de l’autre. C’est après un bon quart d’heure que je me rendis compte du crime de mes parents. Les traitres s’étaient cachés derrière l’entrebâillement de la porte et m’avaient espionné, tels deux enfants, en étouffant gloussements et regards rieurs. Lorsqu’ils comprirent qu’ils venaient d'être grillés, ils se pointèrent et adoptèrent faces inquiètes. Viles fourbes ! Ils me le paieront !

- Ma chérie, tu vas mieux ? Comme tu m’as fais du souci ! J’ai annulé l’ambulance, on rentre directement à la maison. En tout cas, je vois que tu as un bon médecin, ha ha.

Pressée de partir je répondis d’un sourire bref tout en la suppliant du regard de ne pas engager la conversation. Elle ne le fit pas, fort heureusement pour elle. Ce fut mon père, ce renégat, qui prit malin plaisir à s’asseoir près du Saint-bernard.

- Merci de vous être occupé de ma fille jeune homme ! J’en profite pour vous féliciter quant au fabuleux éclairage de ce soir !
- Je vous en prie, c’est normal, je suis un grand admirateur de Mademoiselle.
- Ah nous avons donc un point commun ! Vous supervisez tous les ballets de l’académie milanaise ?
- Oui en grande partie mais je vais bientôt être envoyé à Paris. Je dois configurer l’éclairage de l’Opéra pour le ballet russe de Tchaïkovski, le Lac des Cygnes.
- Oh mais quelle hasard ! Ma fille doit y danser, elle interprètera Odile/Odette !
- Ah bon ? Fantastique !

Bla bla bla… Je fusillais mon père du regard, jurant sa perte. Comment avait-il osé ? Il connaissait pertinemment mon dédain pour les autres «jeunes» de mon âge et plus particulièrement pour les «Ken» de mon âge. Ah, ce jour là, je frôlais le parricide !

10 minutes et 36 regards revolver plus tard…

- Venez donc dîner à la maison demain soir, nous recevons un couple d’amis de Paris justement ! Cela me ferait grand plaisir !
- Dans ce cas je ne peux refuser Monsieur, ha ha ! J’accepte l’offre !
- Magnifique ! Venez pour 20h, 36 rue des pivoines, la villa blanche.

Ma bouche forma un o muet quant à mes yeux… ils n’avaient plus rien d’humain. On aurait dit ceux d’un merlan ou d’une truite. Ronds, stupéfaits. Je me tournais vers ma mère, souriante puis vers mon père, souriant puis vers l’emmerdeur…souriant. «Qu’on me ligote ou il y aura trois cadavres de plus à la morgue !» criais-je au fond de moi.

Durant le trajet en voiture, je me murais dans un silence de plomb ; mes géniteurs, satisfaits de leur méfait, ne cessaient de m’octroyer des regards taquins.

- Charmant ce garçon, tu ne trouves pas Valentina ?
- Je le trouve charmant moi. Tu as eu raison Gian de l’inviter à dîner.
- C’est un bon gamin. Cela te fera du bien de parler à quelqu’un de ton âge, mh, Valentina ?
- Surtout qu’il a l’air de beaucoup s’intéresser à toi !

Il n y a pas qu’en m’exposant au soleil que j’attrape une couleur rouge au visage, non. La colère aussi me rend rouge.

- Vous me le paierez, traitres !

Le fatidique, déprimant, affolant, emmerdant… dîner arriva le lendemain soir. Il se déroula à la manière d’un repas de marins sur un navire. Boustifaille, alcools, rires et histoires salaces ; pas mal pour une famille «bourgeoise». Notre invité d’honneur, la bonne blague, était venu en avance et j’ai du lui faire la conversation jusqu’à la fin du repas – du quel il finit par me tutoyer. 5 heures de souffrance. 5 heures à supporter ce Saint-bernard. Le pire avait été l’offre de mon père à son encontre. «Dites mon cher, cela vous direz de partager notre appartement à Paris ? Ce serait plus attrayant de vous avoir à nos côtés !» Offre qui fut acceptée bien sûr. Je ne trouva d’autre moyen pour me venger de ma canaille de paternel que de lui renverser du Tabasco dans sa soupe. Ah j’en ris encore rien qu’en repensant à la tête qu’il fit avant de courir jusqu’aux toilettes. Toujours est-il que le mal était fait : le Ken-Saint-bernard allait cohabiter avec nous durant deux mois, à Paris.

Deux semaines : ce fut le temps que nous dûmes attendre avant de gravir les marches de Paname. Deux semaines où, bien sûr, le nouvel adopté de la famille nous rendit visite. Je fus tout ce qu’il y a de plus invivable pour le faire déguerpir. J’avais ôté mon masque de politesse et m’étais comportée de manière exécrable en m’accaparant les manières d’une duchesse vierge effarouchée datée du XVIIIe siècle. Croyez-le ou non, il ne baissa pas les bras ce qui lui valut un chouya de respect de ma part. Toujours est-il que son prénom, qu’il me répéta un nombre incalculable de fois, ne put s'inscrire dans ma mémoire. Je réussis à lui faire accepter le seul que je retienne, et vous le connaissez à présent : Saint-bernard !

Ah Paris… Lorsque nous y arrivâmes, je fus subjuguée par sa beauté. La moindre ruelle révélait une multitude de merveilles. Je voyais se refléter les lampadaires et les enseignes des boutiques sur le vernis lisse des voitures roulant aux côtés de la nôtre. Cela donnait une touche magique à l’atmosphère. Mon père ne mit pas longtemps à jouer les guides touristiques, passant en revue chaque bâtiment, détail, rue et allée. Cela plaisait à ma mère et encore plus à Saint-bernard qui ne loupait pas une seule occasion de me donner une boutade en exprimant son enthousiasme quant à notre séjour. Aussi étrange que cela puisse paraître, je m’étais faite à l’idée de l’avoir comme ami et commençais à apprécier sa présence. Après quelques jours je devins même sensible à ses propos, voir flattée. Je devais admettre que mon père avait eut raison de l’emmener ; il ajoutait une certaine gaieté à notre tableau familial. Et plus il passait de temps dans ce petit appartement qu’était le nôtre, plus nous devenions proches. Un soir ma mère trouva judicieux de l’apostropher par «Eh, new brother de Titine, come on in the Kitchen, j’ai besoin d’aide !». Cela voulait dire, dans un langage de sous-entendu quelque peu maladroit «Tu fais partie de la famille, ça y’est ».

Un samedi, précisément le 3ème depuis notre arrivée, alors que je faisais tendrement la grasse matinée…Saint-bernard me tira du lit. Il préparait quelque chose, cela sentait le coup fourré. J’étais contente de le voir car cela faisait un moment qu’il ne se montrait plus mais impossible de le lui avouer, ma fierté en aurait été anéantie.

- Quel mauvais vent t’amène à me tirer de mon sommeil, gredin ?
- Mauvais ? Bon tu veux dire ! Allez, habille toi, Mademoiselle je dors en suçant mon pouce… Je t’emmène en ville, tes parents m’y ont autorisé !
- De une, je ne le suce pas mais le mordille et de deux… à une heure pareille ?!
- Il est 13 heures Valentina…
- Oui eh bien je trouve cela tôt.
- Nous discuterons un jour de ta vision d’une grasse matinée, mh. En attendant lève-toi et donne toi un coup de peigne, tu en as besoin…

Il ne me fallut pas longtemps pour le virer de ma chambre à grand coup de «dégage». C’était ma manière d’accepter sa proposition. En tout cas, l’idée qu’il m’emmène en plein cœur de Paris, que l’on soit tel un frère et une sœur en vadrouille me plût.

Une fois que je fus prête, nous partîmes. C’était la troisième fois que j’y allais et la première fois seule en sa compagnie. Etrange cité qu’est Paris. Saint-bernard me trimballa dans de petites boutiques assez coquettes où on y trouvait des babioles en tous genres. Puis nous allâmes à «Patounes», le plus jolie et le plus grand des magasins de peluches. Il y’a avait des dizaines d’étagères remplies à ras bord d’ours doux, de chiens souriants et d’adorables chats duveteux et enrubannés. Un en particulier, avec de petites oreilles rayées, un pelage beige et un énorme ruban rouge me tapa dans l’œil. Je restais plantée devant un bon moment et finit par partir. J’aurais pu l’acheter si j’avais pensé à prendre mon argent… Pour une bourgeoise pourri-gâtée tel que moi c’était plutôt comique de partir en ville sans un sou. La belle gueule m’emmena par la suite dans un jazz-bar. La musique, bien que différente de celle dans laquelle j’évoluais, était extra.

- Alors, Paris te plaît ? Pour ma part, j’aimerais ne jamais quitter cette ville…
- Oh oui, beaucoup ! Tout me plaît en Paris… La vieille ville, son histoire, la Seine, le Théâtre et ce bar où nous sommes ! Tu as vu, il y a même un piano là bas, dans le fond.
- Tu aimes le piano ?
- J’adore ! La sonate de Beethoven, «Clair de Lune» est l’un de mes morceaux favoris !
- Ah bon… sourire malicieux

A peine avait-il fini de parler qu’il alla s’installer sur la scène, derrière l’instrument. Le patron ne semblait pas s’en inquiéter, au contraire. Moi, cela me gênait. Il n’avait vraiment peur de rien. Ses doigts appuyèrent les touches blanches et la musique s’éleva. Son regard se fondait dans son visage que je vis pour la première fois sérieux. Il joua ma sonate, celle que j’avais évoqué une minute plus tôt. Lorsqu’il eut terminé, un tonnerre d’applaudissements fusa. Je restais immobile sur ma chaise à le contempler, les poils encore hérissés. Il se rassit en face de moi et reprit la conversation comme si l’enchantement qu’il avait créé n’avait jamais été.

- Alors, surprise ? haha
- C’était vraiment magnifique Saint-bernard. Tu m’épates !
- Oh, un compliment de Mademoiselle Aniello, ce n’est pas tous les jours que cela m’arrive. Merci ! Bon, motivée pour la Tour Eiffel, le Musée du Louvres et la Cathédrale Notre Dame ?
- Pardon ?
- SUPER ! En route Titine ! Le monde appartient à ceux qui aiment ! Nous sommes des amoureux de la vie ! Vivons la avec passion !

Les consommations payées, le fou me tira par le bras et nous partîmes direction : l’emblème de la ville – que j’allais visiter pour la première fois. Le vertige me saisit lorsque nous arrivâmes au second niveau. C’était si haut et pourtant si beau. Un café, un porte-clés achetés et nous voilà repartis pour l’aventure. Le musée du Louvres, le plus grandiose qu’il m’ait été donné de voir nous prit un peu plus de deux heures. Les œuvres exposées m’impressionnaient et les voir de près, en vrai me rendait quelque peu émue. Enfin, après une heure de balade on débarqua à Notre Dames de Paris, très brillamment bâtie. Ken-Saint-bernard me força à acheter un cierge et à le déposer dans un bougeoir. Il croyait en Dieu contrairement à moi qui trouvais que le christianisme était la plus grosse arnaque de tous les temps. En fin de journée, on prit un dernier verre au Café Flore.

- Merci pour tout SB. Cette journée était la plus… la plus sensationnelle de ma vie ! Sérieusement, j’ai a-do-ré !
- Je t’en prie ma belle. Je suis content que cela t’ai plu. Il est 18heures, tes parents doivent se languir… on rentre ?
- Oui d’autant plus que j’ai faim.
- Pour ne pas changer !
rires

Arrivée à l’appartement, la première chose que je fis fut d’ouvrir le placard et de prendre le pot de Nutella y étant entreposé. Dans mon égoïsme et ma famine, je n’en proposais pas à mon compère qui se débrouilla avec quelques brownies, ayant l’habitude de mon comportement de mégère ingrate. Mes parents rentrèrent une heure après nous. Eux aussi étaient partis mais… visiter une vieille cousine. Le dîner fut endiablé et riche de nos émotions que chacun de nous put raconter à tour de rôle. Je ne connu jamais de soir plus heureux que celui-ci. Même la cuisinière, qui d’ordinaire ne quittait pas son poste, s’installa à table pour écouter nos aventures du jour. Après quoi nous allâmes nous coucher.

Cela faisait deux jours que Saint-bernard avait sa chambre inondée par une fuite d’eau, aussi je dus lui louer mon lit. Dormir avec lui ne me gêna pas dans le sens où je savais qu’il ne se passerait rien. Mes parents avaient confiance, moi aussi. Cependant il avait la sale habitude, et c’était un des gros inconvénients à dormir avec lui, de parler en dormant. Par exemple, une nuit, je me souvins qu’il fit allusion à des fruits : «Maman, des pruneaux ! Il nous faut des pruneaux ! Je vais au marché, vite ! Des ananas, oh oui, aussi ! Mais d’abord des pruneaux ! Il nous faut des pruneaux !» Je me tapais des fous rire en plein milieu de la nuit à cause de sa manie. Ce qui ne me fit pas rire par contre, ce fut la fois, l’unique fois, où il ne cessa de prononcer mon prénom. J’avais été très troublée. Excepté cela, comme je l’ai dis, je ne pouvais que rire la nuit lorsqu’il dormait à mes côtés.

- Saint-bernard, tu ronfles ! Oh Saint-bernard, réveil-toi ! OH !
- He…hein, qu… quoi ?
- TU RONFLES et tu m’empêches de dormir, imbécile !
- Mais, hein…bien sûr que non…
- Oh que si, comme un bûcheron !
- Oui bon, j’ai le nez bouché…
- Et… Saint-bernard…
- Mh ?
- Tu as une bosse là.
- Une quoi ? Où ?
- Une bosse, là, juste ici !
- Ah euh, ah ça eh bien, en fait c’est… une peluche, enfin, mon doudou… hébété
- Oh je vois, ton doudou…

Une journée, nous allâmes dans la campagne la plus proche pour pique-niquer à l’ombre des arbres. Saint-bernard et moi y étions allés les premiers, mes parents nous rejoignant plus tard. On débuta notre après-midi par une partie de cache-cache dans les hautes herbes. Je n’arrêtais pas de tricher, me cachant dans les endroits que nous avions proscrits et raccourcissant les minutes lorsque c’était à mon tour de compter. Saint-bernard n’appréciait pas et me grondait à la manière d’un vieillard désabusé ce qui me faisait grandement rire ! En fin de partie, les enfants du fermier qui habitait 20 mètres plus bas se joignirent à nous. Un frère et une sœur, l’un de 17ans, l’autre de 12ans. A votre avis, qui les avait invité à partager nos jeux ? … En tout cas, par chance, ils étaient italophone.

Je gardais tout de même le sourire et m’étonna de m’être montrée sociable et enjouée. A l’heure du repas, nous fûmes donc 4. La conversation battait bon train et Saint-bernard enchaînait les blagues vaseuses.

- Vous connaissez celle du curé qui va cueillir des champignons ?
- Par pitié épargne-nous ! Cela fait trois fois que tu nous la raconte, crétin !
- Ah, sérieux ?
- Oui, je confirme mon gars, cela fait déjà trois fois…
- Ah, eh bien… Je crois que le jus de pomme ne me réussit pas !
rires
- Sans doute ! Et sinon, Valentina, c’est bien ça ?
- Oui ?
- Quand est-ce le jour de ta représentation ?
- C’est dans 8 jours.
- Merci Saint-bernard, je sais encore parler toute seule !
- Il faudra que l’on vienne te voir ma sœur et moi ! Je t’apporterai des fleurs sourire mielleux et du jus de pomme pour ton ami ! Ah ah !
- Oh oui, cela me ferait très plaisir ! Ta petite sœur ne parle pas beaucoup, elle est timide ?
- Oui, un peu. Lucie, c’est vrai, tu ne parles pas beaucoup, tu dors ou ?
- J’aime bien écouter c’est tout puis comme tu parles tout le temps Jean, je n’ai pas beaucoup le temps d’en placer une !
rires

Lorsque nous eûmes finis de déjeuner, nous recommençâmes une partie de cache-cache par équipe. Saint-bernard se mit avec Lucie sous mes contraintes et je pris donc Jean. Une heure passa et nous étions encore à nous trémousser dans les herbes. A un moment donné, je m’étais dissimulée dans un bosquet, certaine de ne pas être découverte. Jean, le «loup» y parvint quand même et me sauta dessus, m’affaissant à terre. Front contre front, son regard plongeant dans le mien, il me sourit. De loin on aurait put croire à une scène érotique alors que …pas du tout. Saint-bernard, dans sa stupidité absolue, y crut lui, et se rua sur mon pseudo agresseur en hurlant à la mort. Sonnée par tout ce chamboulement, je donnais un coup sur le crâne du corniaud et m’excusa au près du présumé coupable.

- Saint-bernard, cervelle de dinde, à quoi pensais-tu donc ? Jean venait simplement de me trouver !
- Ah oui ? Il te trouve d’une manière bien suspecte !
- Calme toi mon gars, ne pense pas à mal, je n’avais pas de mauvaises intentions.
- Mhpf, oui. Bon. Désolé.
- C’est oublié ! Alors, jolie Valentina, fin de la partie, j’ai gagné ?
- Je crois bien oui !

Le jeu nous avait prit tant de temps que je n’avais même pas remarqué mes parents, en pleine sieste sur la nappe du pique nique. Cela devait faire une bonne demi-heure qu’ils étaient là. Le reste de la journée se déroula paisiblement. Tous, nous nous prélassions et sourions aux rayons chauds du soleil. Tous ? Non. Un irréductible Saint-bernard résistait à la bonne humeur, recroquevillé au pied du tronc d’arbre. Apparemment il était vexé voir en rogne. Trop occupée à m’amuser, je laissais le boudeur dans son coin. Ce fut le soir, lorsque nous rentrâmes à l’appartement que j’eu le droit à une explication. J’étais en train de défaire mes affaires dans la chambre, monologuant sur la folle après-midi passée quand Monsieur-grise mine intervint.

- Oh et tu sais, la rivière qui coulait en bas de la colline, Jean m’a dit que l’on pourrait s’y baigner la prochaine fois que l’on viendra ! C’est super, non ?
- Su-per.
- Ah, tu boudes encore ?
- Tu n’as pas cessé de parler de Jean. «Jean ceci, Jean cela»… Surtout qu’il n’avait pas l’air insensible à tes charmes ! Je me méfie de lui, il n’a pas l’air tout à fait franc. En plus il est âgé par rapport à toi !
- Serais-tu jaloux ? sourire
- Jaloux ? Moi ?
- Mh ?
- Oui, très.
- Il n y a pas de quoi, imbécile. Je le connais à peine et puis je le trouve sympathique, voilà tout. Et puis, il n'a qu'un an de plus que moi. Toi tu as 20ans, alors ne la ramène pas, mh.
- Il n y a pas de quoi ? Tu plaisantes ? Tu retiens son prénom, à lui et pourtant tu «le connais à peine» !
- Ne te vexe pas, franchement… Je te considère comme mon frère et tu le sais alors tu n’as pas à te mettre dans tous tes états pour un garçon que je ne reverrai plus une fois que l’on aura quitté Paris.
- Seulement comme ton frère…

Cette dernière phrase résonna en moi de manière étrange. J’aurais aimé lui demander la raison de celle-ci mais il avait déjà quitté la chambre pour vaquer à ses occupations. Saint-bernard avait le chic pour me laisser en plan sur des questions intérieures. L’incident n’en fut pas moins vite oublié. Notre petite vie d’italiens à Paris revira dans la quiétude.

Puis les jours passèrent et arriva le grand soir, enfin ! L’Opéra affichait complet et je n’avais jamais été aussi stressée. C’était la première fois que cela m’arrivait. Dans ma loge, on ne cessait de me porter de grands bouquets colorés et ma mère, encore plus anxieuse que moi, faisait les cent pas. Mon père, calme, fumait un cigare dans un coin sur un gros fauteuil de cuir tout en flattant Saint-bernard pour son fabuleux éclairage. Je ne pouvais faire de faux pas, impossible. Cette fois ci, tout était sous contrôle – ma santé, mon moral, ma souplesse, tout !

Le premier accord s’échappa de l’orchestre et les danseurs se mirent en place. Le Lac des Cygnes est une belle histoire d’amour… Une jeune femme, Odette, tombe amoureuse d’un Prince. S’il lui déclare sa flamme, elle sera libérée de son envoûtement et pourra s’unir à lui mais le destin se joua d’elle. Rosbacht, homme démoniaque, envoya le cygne noir, Odile, séduire le Prince. Celui-ci, aveuglé par tant de beauté, lui avoua un amour éternel et Odette, impuissante et malheureuse, se jeta du haut d’une falaise. Le Prince, se rendant compte de son erreur se laissa dépérir le restant de sa vie. Je dansais tout en pensant à cette histoire. J’interprétais ces deux opposés, j’avais appris à me mettre dans la peau de celles-ci sans pour autant les comprendre. C’est en écoutant l’orchestre jouer, en effectuant ma première valse devant le publique que je les compris enfin. De la quelle des deux femmes tenais-je le plus je l’ignore encore.

La représentation fut un véritable triomphe. On chanta mon nom dans la salle, saluant ma performance et celle des autres. J’étais si heureuse, si excitée. On parlerait de moi dans les journaux, j’entamerai une tournée avec le ballet, une tournée mondiale ! Lorsque je regagna ma loge, j’eu la surprise de trouver plus de bouquets que jamais. On ne voyait presque plus le parquet. Il y avait mes parents, émus aux larmes, Saint-bernard le sourire aux lèvres puis Jean et sa sœur. Ils me firent une bise tout en me félicitant et l’aîné me tendit un bouquet de roses.

- Je vois que tu n’en as pas encore assez alors je me suis permis…
- Oh merci beaucoup Jean, merci à toi aussi Lucie, cela me fait très plaisir !

Du coin de l’œil je pu voir mon acolyte, irrité, jusqu’à ce qu’il tourne les talons pour partir. Lorsque j’eu finis de répondre aux questions des journalistes, de faire des photos pour tel et tel magazine, mes parents et moi partîmes au banquet donné en l’occasion du ballet. Il y avait près de 200 convives sans compter le pianiste de renom, jouant au fond de la salle. On venait me voir, me serrer la main, me complimenter, me servir du champagne, m’offrir toujours plus de fleurs… Je n’arrivais pourtant pas à être comblée. Je pensais à mon cher Saint-bernard, parti dans l’ombre du décor. Il me le fallait à mes côtés sans cela cette soirée n’avait plus d’intérêt.

Je m'en allais donc à sa recherche, remontant les marches de marbre immenses du hall de l’Opéra. Je savais où il demeurait et ne mis pas longtemps à le trouver. Il était assit sur une caisse en bois, derrière les rideaux de la scène, le regard pensif. Je m'installais à ses côtés.

- Ah tu es là ! Je te cherchais… Tu ne veux pas venir avec moi au repas ?
- C’est ton moment de gloire Valentina, il t’appartient à toi seule. Tu n’as pas besoin de moi.
- Qu’est ce que tu racontes ?! Bien sûr que j’ai besoin de toi ! Allez, viens avec moi…
- Tu as ta famille, Jean…
- Ne recommence pas, je t’en prie. Jean n’est qu’un ami, arrête de voir en lui je ne sais quelle bêtise !
- Je suis jaloux, voilà tout. Jaloux de lui et de tous ces autres hommes qui te regardent.

Je le regardais, muette, baisser son regard humide jusqu’à ses mains.

- La vérité c’est que… Je suis fou amoureux de toi. Cela me rend malade. Tous les jours je prenais sur moi pour rester discret, pour ne pas te gêner. Je suis désolé. Je vois bien que pour toi je ne suis qu’un ami, qu’un substitut de «frère». Je suis désolé.

Je n’avais pas eu le temps de répondre et de toute manière, qu’aurais-je dis ? J’étais décontenancée. J’avais l’impression de m’être faite écrasée par un bloc de béton. Il s’était levé, me déposant un sachet cadeau sur les genoux, avant de partir. Je n’osais bouger et idiote que j’étais, je demeura statique jusqu’à ce qu’il disparaisse de mon champ de vision. Mon regard se posa sur le paquet. Il était emballé d’un joli papier cadeau beige. Lorsque j’eu finis de le déballer, je l’ouvris et tomba nez à nez avec une peluche. Celle que j’avais admirée durant de si longues minutes dans la boutique Patounes. Ce petit chat duveteux et tendre, ce petit chat au ruban rouge. Une larme coula le long de ma joue tandis que je le serrais contre ma poitrine.

Je m’étais levée et m’étais mise à courir à en perdre haleine. Je le cherchais du regard sans le trouver. Mon cœur battait la chamade. Ma mère marcha alors à ma rencontre, l’œil espiègle et me montra la porte d’entrée du doigt.

- Il est sorti il y a deux minutes. Cours !

Un sourire émergea sur mes lèvres tandis que j’empoignais la porte. Puis je le vis, marchant de dos sur le passage piéton. Il partait de l’autre côté, là où je n’étais pas, là où je ne voulais pas qu'il aille. Agitant un bras en l’air, je me mis à hurler pour qu’il m’entende, pour qu’il revienne. Il se retourna, me dévisageant avec un regard surpris. Nous échangeâmes un sourire. Il avait compris. Je me précipitais sur le trottoir, le voyant s’approcher à grands pas… Jusqu’à ce qu’une voiture l’arrête... Le temps se figea tout autour de moi. Je ne sentais plus de battements dans ma poitrine, je ne sentais plus de vent sur mon visage. Je le voyais lui, étendu au milieu de la route. Je voyais le conducteur affolé. Je voyais les passants choqués. Je courus.

Agenouillée sur le bitume humide, dans la clarté des bâtisses, je pleurais. Il était là, dans mes bras, cassé. Pourquoi lui Seigneur ? J’aurais aimé crier mais je n’y parvenais pas. Au loin je pouvais encore entendre les tintements clairs du piano ; les éclats de voix des convives…

- Valentina, écoute, … il joue ta sonate…

Un sourire morose apparut sur ses lèvres. Je le serrais plus fort contre moi, sentant son poult diminuer. Encore et encore mes larmes ruisselaient le long de mes joues, se perdant dans sa chevelure sombre.

- Pardonne moi…de ne pas avoir su t’aimer… pardonne moi…

C’est en cet instant, celui où j’allais le perdre que je m’étais rendue compte à quel point j’avais besoin de lui, à quel point je tenais à lui. Quand il me disait que le monde appartient à ceux qui aiment chaque jour un peu plus ; quand il passait sa main sur ma joue ; quand il riait de mes grands airs… Il m’a fait aimer la vie plus qu’au possible. Il m’a rendu vivante plus que je ne pouvais l’être. Son sourire s’éteignit. Ma tête enfouie au creux de son cou, j’étouffais mon dernier sanglot.

- Je me souviens de ton prénom, je l’ai toujours su…

Matteo…


«Valentina fut profondément bouleversée par la mort de son ami. Elle garda durant de longs jours un silence de deuil. Lorsqu’elle brisa celui-ci, je ne la vis jamais aussi pétillante. Il lui avait apprit à garder le sourire et à profiter de chaque instant, même durant les jours les plus sombres. Ma fille redoubla de tonus, s’investissant dans la vie des autres tout en se liant à eux. Il l’avait changé, totalement ! Nous reprîmes la route et quittèrent la France pour rentrer chez nous, en Italie.»

Puis, un soir, alors que je repensais à tous ces bons moments vécus en sa compagnie, je me suis posée une question – question qui changea le cours de ma destinée. Qu’est ce que le bonheur ? Etais-je heureuse ou essayais-je simplement de dissimuler mon chagrin ? Comme je me trouvais devant mon ordinateur, j’eu l’idée de taper sur la toile mes questions intérieures. Je tombais sur un lien avec cette phrase «Wanna be happy ?». Il s’agissait d’un jeu à télécharger. Aurais-je réponses à mes questions en appuyant sur «entrer». Aurais-je satisfaction ? Je n’eu qu’un écran noir. Lassée, mes soupires me pesant, je me mis au lit. Dans mes rêves je le voyais encore me sourire, me parler. Même en dormant, l’humain peut verser des larmes. Le lendemain, je me retrouvais dans un lieu inconnu avec pour seule information une lettre. Horrifiée, affolée sont deux mots que je peux aujourd’hui parfaitement décrire.

J’étais heureuse oui, dans ma vie d’avant. Pourquoi ai-je cliqué… pourquoi… Aujourd’hui cela fait un an que je suis à LimeField. Un an que je me languis de mes parents. Ils me manquent tant. Cela fait aussi un an que je me suis vue affabulée d’un pouvoir étrange. Un an que tous les jours je découvre les étrangetés de la cité dans laquelle j’évolue. Pourrais-je un jour revoir ma famille ? Car ici, au final, mon bonheur ne se trouve pas. Quoi que…




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MessageSujet: Re: Valentina.   Ven 11 Nov - 18:29

Bonsoir , et bienvenue sur Common Dream ! 

Je ne ferais pas trop de commentaires, j'attends de voir la fin de ta fiche pour donner mon avis global : je passais juste te saluer. Toujours est il que ta présentation commence très bien, ta description est très simple, très douce : ton style d'écriture reflette à merveille ton personnage tel que tu le décris. 

Sur ce, je te souhaite bon courage et bonne chance pour la suite. o/  ♥

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MessageSujet: Re: Valentina.   Ven 11 Nov - 20:36

Bienvenue !
Une italienne ! *O* je me serais obligé de te demander un lien ^O^
Luna sera contente de voir une compatriote à ses côtés ! *w*
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MessageSujet: Re: Valentina.   Sam 12 Nov - 0:26

Hellow'

Bienvenue parmi nous et j'espère que tu pourra te plaire dans ton aventure ici. J'aime beaucoup ce que je lis pour l'instant et ton avatar. Hâte de lire suite. ^w^
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MessageSujet: Re: Valentina.   Sam 12 Nov - 1:04

    Nausicaä : Oh merci pour tout, cela me fait plaisir !!!! ♥ J'espère ne pas te décevoir alors avec mon histoire ! O:

    Luna : Avec joie ! Entre italiennes, c'est viva la familia, si, si ! Non mais un lien avec toi ce serait vraiment cool ! ♥ **

    Aaron : Merciiiiiii, ah là là, ça me touche tout ça ! Je suis bien contente, et au plaisir de te revoir dans un rp ! (:

    J'espère que ma fiche convient, je l'ai finis, me suis relue, en logique il ne doit pas y avoir trop de fautes (de frappe sans doute, ahem..) °°


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MessageSujet: Re: Valentina.   Sam 12 Nov - 1:59

Rew'

De rien. ^^

Je trouve l'histoire tout simplement parfaite, j'ai bien rit à certains moments (La bosseuh ! xD) et eu presque les "larmes aux yeux" à d'autre, particulièrement la fin. Je me suis même surpris à en vouloir en lire encore plus. (Chose assez rare vu qu'il en faut beaucoup pour que j'ai cette envie.) Bref, tout ça pour dire que j'ai hâte de pouvoir un jour RP avec toi, tout en espérant pouvoir être à la hauteur. ^w^
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MessageSujet: Re: Valentina.   Sam 12 Nov - 10:46

    C'est un compliment en or que tu me fais là Aaron, je suis vraiment flattée et heureuse ! ;___; ♥

    J'espère qu'on pourra rp oui, et je suis persuadée que tu écris très bien ! °.°
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MessageSujet: Re: Valentina.   Sam 12 Nov - 11:27

Alors, puisque ta fiche est terminée, voici mon avis global. 

Mon idée se confirme avec ton histoire : ta façon d'écrire, avec un vocabulaire très noble, reflette parfaitement la droiture de la danse classique. Tu sais peindre de très jolis décors pour y jouer une jolie histoire : c'est très agréable à lire cette espèce de candeur contrôlée. C'est comme un tableau à la pastel. C'est tout clair, tout appaisant mais rien n'est laissé au hasard. 

Donc ! Avec tout ça, j'ai l'immense honneur de te va-li-der  ♥.
Je t'invite à aller réserer ton avatar dans le bottin mis à cet effet, et ensuite, commencer à Rp, poster une fiche de liens - facultative - bref, tu es maintenant ici chez toi. .
Si tu as le moindre soucis n'hésite pas, bonne continuation, et bon jeu sur Common Dream. .

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MessageSujet: Re: Valentina.   Sam 12 Nov - 11:43

    *fait un bisou à Nausicaä*

    Je te remercie pour touuuuut. Du fond de ma bulle de savon, je te remercie, oui, oui, oui ! °° J'espère aussi te croiser dans un rp. ♥
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