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 LOIN DU FROID DE DECEMBRE [OLYMPE]

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fondaind

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MessageSujet: LOIN DU FROID DE DECEMBRE [OLYMPE]   Dim 11 Déc - 18:17

La falaise était vertigineuse. Mes pieds se dépassaient les uns les autres, course effrénée pour ne pas s’arrêter, ne serait ce qu’une seconde, trop près du bord. Plus je montais, plus la pente était abrupte. Les cailloux dévalaient sous mes pieds, se ruant vers la base du plateau, par peur du vide, sûrement. Et pendant ce temps là, moi, je ne m’arrêtais pas. Les nuages étaient bas ce jour là, et le vent qui s’intensifiait avec l’altitude les faisait virevolter, comme un immense ballet duveteux, tourbillon de robes bleutées froufrouteuses, qui s’entrechoquent et s’entremêlent pour ne former qu’une immense symphonie de danseurs essoufflés, heureux de s’évanouir dans les bras de son voisin, et de se laisser porter par la force de l’air. Et pendant ce temps là, moi, je ne m’arrêtais pas. Les fleurs elles, semblaient faner avec la hauteur. Elles ne faisaient que perdre leur couleurs, et se confondaient maintenant avec le fade du brouillard. Leurs corolles rivalisaient de panache pour combler leur manque progressif de splendeur. Elles se dandinaient sur l’air de musique joué par le vent dans leurs pétales, et semblaient envier la liberté des nuages, priant pour pouvoir rejoindre le bal d’un jour, dans l’infini du soir. Et pendant ce temps là, moi, je ne m’arrêtais pas.

J’arrivais enfin au sommet aplatit du plateau. Le sol était rouge, le ciel aussi. L’air était glacial, mon regard aussi. J’avais fait de nombreuses fois le tour de cette ville, et pourtant, je m’obligeais à la regarder d’un œil inlassablement nouveau, pour essayer de redécouvrir le moindre détail de ces immensités pixélisées. Je voulais être l’artiste que ma vie d’avant me promettait, l’artiste qui regarde la vie avec les yeux d’un enfant, et qui y voit ce qu’aucun adultes n’a la force ni le courage de voir, parce qu’il est trop mature pour se laisser aller à de telles futilités intellectuelles. Ou était le mal à voir dans les nuages des personnages inventés ? Ou était le mal à étendre les bras devant un gouffre rougeoyant et imaginer que nous aussi nous sommes, à notre manière, le roi du monde ? Je fermais les yeux pour apprécier ma suprématie d’une seconde, par rapport à ma ville et prison, immobile au pied du complexe montagnard. Les lumières s’allumaient les unes après les autres, il était dix neuf heures.

Dans un mouvement presque félin, je m’asseyais sur le sol de graviers. Des pierres tombèrent dans le vide, et je crois que pendant une fraction de seconde, je me suis demandée si la solution se trouvait dans ce saut de l’ange déterminant. Et puis je me suis résignée, parce que je n’en avais pas le courage. Mes jambes balançaient dans le vide, comme celle d’une marionnette, incontrôlables. Dans les oreilles sifflait le vent, ce soir là musicien, m’invitant à composer, moi aussi, l’hymne du soir. J’invitais un orchestre imaginaire dans mon esprit, et quand les violonistes furent installés près de mon subconscient, ils commencèrent à jouer une balade, aussi douce qu’impressionnante, à l’égal de la beauté du paysage. Mes yeux se rouvrir quand les percussions entamèrent leur solos, légères et hésitantes. Elles s’intensifièrent, irrégulières. Et si ce morceau là ne venait pas de mon esprit, mais des pas de velours qui s’approchaient de ma silhouette ?

Je ne me retournais pas encore, de peur de ne voir que la compagnie n’était qu’un mirage de mon inconscient. Et la sonate elle continuait, au paroxysme du crescendo que j’imposais aux cordes. Le volume diminua, la chanson se termine, les notes ne sont plus qu’un soupir dans l’immensité de mon imagination. Et pendant ce temps là, moi, je ne m’arrêtais pas.

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MessageSujet: Re: LOIN DU FROID DE DECEMBRE [OLYMPE]   Lun 12 Déc - 16:47

Les falaises, lieux de perdition, lieux de mort. Les montages, paysages aux monts escarpés, aux sources aqueuses ruisselants de sommet en sommet. L’air était malsain et ce n’était que pas que par pur hasard que les pas de Olympe furent guidés jusqu’à ces collines vertigineuses. Le mal de vivre, l’envie de se jeter dans le vide pour oublier, tout oublier, être oubliée, voilà la raison pour laquelle la poupée de glace se tenait là, agenouillée au bord du ravin. Immobile, les yeux rivés vers le gouffre. L’esprit vide, le regard vide, le cœur vide. Le vide en elle, le vide sous elle. Le tonnerre grondait en son fort intérieur, la pluie tombait en son esprit, martelant chaque parcelle de son être la détruisant chaque seconde un peu plus. Se laisser tomber, succomber au vide. La tempête menaçait en elle, comme perçait le froid au dehors. Le calme, la solitude. Un bruit de pas étouffé, un seul. Olympe se retourna brusquement, fouillant le vaste espace givré de ses yeux embués, reniflant l’air humide des lieux, tendant l’oreille, à l’affut d’un nouveau son similaire au premier. Une présence, elle pouvait la sentir, tout prêt d’elle, mais pas assez prêt pour la toucher. La beauté se redressa, ses traits restaient figés dans une expression abominable mêlant lassitude et inquiétude. Le ciel s’obscurci. Son cœur se serra. La pluie commença à tomber. Les gouttes s’écrasaient sur le crâne de la belle, dégoulinaient le long de son visage aquilin et s’écrasaient en silence sur le sol gelé du paysage montagnard. La poupée déambulait sans but, se frayant un passage entre chemins verglacés et crevasses. Ses yeux s’ouvrirent soudainement, éblouis par une réalité soudaine. Une femme. Grande, blonde aux yeux bleus, belle, arpentait en silence un sentier sinueux, là, juste devant elle. Elle ne semblât même pas remarquer la présence de Olympe. La jeune fille hoqueta avant de prononcer quelques paroles inintelligibles, ses joues rougissant sous l’effet d’une gêne soudaine. Elle secoua la tête, s’éclaircit la gorge et s’exprima de sa voix douce, parfaite, mais marquée d’une crainte évidente, fragile et tremblante.

▬ Bon-Bonjour.
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fondaind

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MessageSujet: Re: LOIN DU FROID DE DECEMBRE [OLYMPE]   Lun 12 Déc - 20:09

Une soliste à la voix d'or venait de s'ajouter à mon orchestre symphonique. Une invitée surprise, tombée du ciel, dans la mélodie mélancolique de la soirée qui commence. Je penche la tête pour observer l'intrue de mon désespoir. Une belle fille au traits glacés par la solitude. Des yeux aussi transparents que la pluie qui commençait à doucement tomber sur ses joues, mimant le tragique des larmes sur son visage de cire. Je soupirais en la regardant, un sourire entre le soulagement et la lassitude camouflé dans le mal à l'aise de la rencontre.  Je montre le vide du menton, dans un geste de tête bref et gracieux " C'est tentant, hein ? " mes jambes dans le vides frottent contre la pierre, et se gravent sur ma peau les cicatrices de mon manque de confiance. Sur mes paumes se battent à l'épée des graviers, pourfandant ma peau comme un ennemis imaginaire qu'on aurait voulu faire choir. La pluie, bruine innofensive, trempait mes cheveux blonds sans en avoir l'air. Ils se collaient maintenant à mon visage anguleux, comme les serpents de Méduse dévoraient le sien. Je perdais mon humanité au fur et à mesure que l'eau parsemait mon visage : je devenais Méduse, aussi tentatrice et venimeuse. Mes grands yeux ouverts se posèrent sur les siens, et je n'eus le courage de feindre mon hypocrisie habituelle. Ses iris seules, me forçaient à la sincérité, là où tous les visages implorants du monde avaient échoués. Mais qui était elle ?

Ma main s'avança dans le vide, comme celle de l'infâme belle mère de Blanche Neige, proposant une pomme envoûtée pour évincer à jamais la beauté qui osait lui faire de l'ombre. Je ne proposais pas de fruit, juste une poignée de main, en guise de salut, en guise de pacte, promesse à l'une l'autre que cette rencontre ne serait sans conséquences. " Nausicaä, moi, c'est Nausicaä. ". Phrase nominale qui n'avait qu'un seul but : non pas dévoiler mon identité, mais inviter la statue de glace à me laisser entrapercevoir la sienne. Un échange de bons procédés en somme, un masque d'anonyma qui tombe n'attendant que celui de la rencontre du jour, un deal étant un deal, après tout. Mon bras avait des allures reptiliennes, menaçant et presque difforme. Sous la pluie qui battait son plein, il formait le lien entre nos deux mondes, invitation à l'explosion des rencontres, geste sans panache mais pas sans conséquence.

 La pluie était puissante mais la nature semblait éviter nos silhouettes, comme pour peindre un décor propice à notre rencontre, sans pour autant en influencer l'issue. Mais qui êtes vous, douce homonyme ? Car il était bien compliqué de ne pas remarquer à quel point nos traits se ressemblaient, malgré nos chromosomes capillaires diamétralement opposés.  Je croyais me voir dans un miroir, qui dessinerait la partie manquante de votre personnalité, la deuxième moitié d'un médaillon, le ying du yang. De l'autre côté du miroir, un inverse plein de mystère dévisageait le visage que la vie avait fait de moi. J'étais le jumeau maudit, perverti et anéanti par la mesquinerie qui enchaînait mon semblant de bonté. Et face à moi se tenait la naïveté même, l'espoir et la douceur dans un seul et unique visage. Miroir, mon beau miroir, dis moi : qui est la plus belle ?

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